Nuits Saint Georges 2014

Rédigé par Serge - - 1 commentaire

"Une pluie à boire debout" chez les nuitons, comme ils disent au Québec ...

« Par Bacchus, dieu du vin, par Noé, père de la vigne, par saint Vincent, patron des vignerons, je vous fais Chevalier du Tastevin ». C’est ainsi que le « grand Maitre » de la célèbre confrérie - née à Nuits Saint Georges où nous sommes aujourd’hui -  adoube les impétrants. Cela se fait  au cours de pantagruéliques « chapitres » (banquets) où, entre deux bans bourguignons, on déguste d’excellents mets accompagnés des meilleurs crus.

Ce matin, ce serait plutôt : « Par Jupiter, dieu de la pluie, par Saint Médard, patron des canards, je vous invite à prendre un riflard ».

vache qui pisse

C’est le déluge ! « I plout des vaches » comme dirait le Belge Benoit Poelvoorde. Chez nous « Il pleut comme vache qui pisse », est moins glamour mais n’en n’est pas moins explicite.

Si nous sommes chez les nuitons, ce n’est point pour assister à un chapitre, mais pour tenter d’obtenir notre « brevet » du randonneur bourguignon - organisé par le Club Alpin- sur un parcours de 25 km. Le brevet, vous savez, cet exam’ où les potaches nous font  des perles tous les ans. Du style, véridique : mettez au féminin « un temps pluvieux » (c’est de circonstance). Réponse : « une journée plus vieille » ou bien « le féminin du corbeau est la corbeille ».

Nos deux centurions, Jean–Emmanuel dit « Informatix » et Patrick dit « P. de Coubertix », ont annoncé la couleur : pour passer entre les gouttes, ils partiront à fond. « Sébastix » n’a rien dit mais il cache bien son jeu. Laurence dite « Bonnemine » et moi, « Humerus Cassus », essaierons de distancer la horde de légionnaires lancée à nos trousses. C’est une horde inhabituelle - blue-jeans, bérets savoyards, avec sacs à dos de 25 kg, équipée de bourdons de pèlerin en bois, guêtres et grosses chaussures de montagne - qui nous regarde bizarrement. On se croirait à un départ pour les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Nos bâtons en fibre de carbone, cuissards, bas de compression et chaussures de trail ne font apparemment pas partie de l’uniforme des candidats au brevet. 

Informatix, qui n’a pas eu le temps de manger ses deux croissants du dimanche, se jette sur les cakes, pains d’épice et viennoiseries offerts par le CAF.  

Nous voici partis à travers les prestigieux vignobles des « Poulettes» et des « Dames Huguettes ». Mais aujourd’hui, méfiance centurion !  Dans les vignes aux couleurs de l'automne, les chasseurs ont en effet remplacé les vendangeurs. Autant ne pas être pris pour des canards, alors filons !

Savez-vous que ce prestigieux vignoble de Nuits Saint Georges, n’est pas uniquement connu dans le monde entier, mais qu’il est aussi célèbre... dans l’univers ?  En 1971, l'équipage d'Apollo XV déposa en effet une étiquette de bouteille de Nuits Saint Georges dans un cratère de la lune auquel il donna le nom du « Cratère Saint-Georges ». Une façon de rendre hommage à Jules Verne. En effet, dans son roman « De la Terre à la Lune », les héros, avant de se poser sur la lune, trinquent avec une bonne bouteille de Nuits.

Patrick2 dit « Bâtonraccourcix », notre œnologue confirmé, a déclaré forfait. Donc pas de dégustation à l’arrivée. Pourtant nous allons quand même déguster avec un itinéraire pas piqué des verres et « une pluie à boire debout » comme dirait le québécois Garou.

La pluie n’empêchera pas nos deux centurions d’élite, « Informatix » et « P. de Coubertix », de mettre le feu. Quinze minutes après le départ, ils seront hors de vue et même hors des écrans radar. « Sébastix », qui ne marche pourtant pas souvent, sera lui aussi vite hors de portée. Nos ambitions, à « Bonnemine » et à moi, seront plus modestes. 

Bitume, bitume, bitume....Pourquoi diantre les organisateurs ont-ils privilégié ce parcours bitumé ? De Nuits jusque bien après le célébrissime et inaccessible domaine de la Romanée Conti, puis sur les terres des Preux et Sires de Vergy, ce sera du bitume, terrible pour nos petits petons et guère adapté pour le planté de bâtons. Il y a pourtant de beaux chemins dans les environs. Nous les avons d’ailleurs un peu explorés au printemps dernier. 

Laurence et moi sommes rattrapés par un ancien sprinter, encore fringant, sans sac à dos ni bâtons. Il a laissé tomber les courses sur pistes et veut se lancer dans les trails longue distance. Il en veut, le bougre et, la causette terminée, il accélère et nous laisse sur place, Laurence et moi, pauvres tortues. Nous retrouverons cependant le lièvre à 10 km de l’arrivée, en hypoglycémie, tirant la langue et « blanc comme un  linge». On s’enquiert de sa santé : il nous assure que tout va bien et nous poursuivons notre calvaire. Nous le reverrons à l’arrivée, un peu mieux, disons cette fois, blanc seulement « comme une merde de laitier ».

Les ravitaillements sont copieux et les bénévoles nous encouragent copieusement. Il faut ça par ce temps de chien. Le paysage est sympa à travers combes, falaises et vignobles. Sauf que l’émetteur de Nuits disparait tout à coup dans le brouillard et que, sur notre chemin, « ça tombe comme à Gravelotte » ou que, comme dirait Dany Boon, « Ca drache velu !». 

Finalement nous le décrocherons brillamment, ce brevet. Malgré la pluie quasiment incessante et une fin de parcours au milieu d’éboulis glissants, Laurence et moi bouclerons le parcours à 6,0 km/h de moyenne. Les « centurions » de l’avant-garde auront évidemment fait nettement mieux.

1 commentaire

#1  - Nathalie Sorel a dit :

Tu fais du job super.

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